Battambang et ses alentours
Jour 25 - 2 janvier
Aujourd’hui, nous allons partir à la découverte, à un rythme lent, des alentours de Battambang.
Nous allons tout d’abord nous arrêter dans un petit village juste à la sortie de Battambang dans une petite fabrique des feuilles de riz (petit format). La mère qui les fabriquait était aidée de sa fille qui les prenait pour les mettre sur le plateau pour les faire sécher. Ensuite, ils les conditionnaient par 100 et les commerçants venaient les acheter directement chez eux.
Notre second arrêt était pour visiter le Temple d’Ek Phnom. Ce temple date de 1027 et malgré tout, les gens viennent toujours donner des offrandes. Devant ce temple, on peut admirer le plafond extérieur peint par morceau/plaque par des fidèles de différents pays et on peut voir sur chaque plaque par exemple : $ 100 - USA (contribution donnée par les bouddhistes américains pour peindre ce morceau).
Notre guide a voulu nous montrer une fabrique d’encens, mais c’était fermé. En compensation, elle nous a expliqué comment on faisait : on prend une fine tige de bambou qu’on fait sécher. On écrase au mortier des feuilles de capotier. On prend de la sciure de bois qu’on mélange à la poudre de capotier ; on teint cette pâte (différentes couleurs), puis on trempe la tige de bambou dedans (les feuilles de capotier collent, donc la pâte reste bien sur la tige), puis on fait sécher au soleil (les fabricants d’encens sont tributaires du soleil). En 2 heures tout peut être sec, mais quand il fait nuageux, c’est plus long et quand il pleut, n’en parlons pas ! Quand il fait beau, ils fabriquent 2.500 bâtons d’encens par jour.
Nous sommes ensuite passés par la Pagode Kandeng où il y avait des éléphants en pierre. Il y avait aussi une chienne et ses tout petits chiots dont les moines s’occupaient (rien à voir avec la visite, mais trop mignons !).
Arrivés au village de Wat Kor, nous avons visité une maison traditionnelle sur pilotis. Cette maison a été construite en 1907 par les grands-parents de la propriétaire actuelle. Cette dame qui parlait très bien français nous a expliqué qu’elle avait encore sa maison car lors des problèmes avec les Khmers Rouges, sa maison avait été réquisitionnée et sa famille faisait à manger pour 200 personnes. Grâce à cela, ils ont pu conserver leur maison. Elle nous a tout expliqué sur sa maison (les matériaux, les traditions de ses ancêtres), et aux murs il y avait des photos de ses grands-parents, de ses parents et d’elle enfant. Dans sa cuisine (plus que rudimentaire), il y avait une énorme jarre en terre cuite (réserve d’eau) qui datait de plus de 100 ans !
Pour la visite suivante, Marc était très impatient mais se doutait qu’il n’allait pas être très impressionné ! Vous avez deviné de quelle visite je parle ? Eh bien, nous voilà partis chez le seul producteur de vin cambodgien (Prasat Phnom Banon Winery), et dégustation s’impose !!!!! Ils (Marc et notre guide, car moi, n’en parlons pas !) ont pu goûter 4 produits (j’aurais pu en goûter un, mais ce n’est qu’après que j’ai compris ce que c’était !) : un vin rouge (pas génial du tout), un brandy (super fort, qui nettoyait bien l’intérieur !), un "je ne sais quoi" avec du gingembre et du miel et enfin un jus 100% raisin. A ma grande surprise, mon petit mari n’a rien voulu acheter ;o). Comme la récolte des raisins était terminée, nous n’avons rien pu visiter.
La suite de la journée était super ! Nous avons fait une ballade en –train en bambou- du village d’O’salao à O’Tambang. C’est un moyen de transport unique au monde qui relie 2 tout petits villages en traversant la campagne cambodgienne. Le terme "train" est un bien grand mot. Imaginez 4 roues représentant un grand rectangle avec une armature en fer dessus, sur laquelle sont posées de petites lattes en bambou, et un moteur à l’arrière. Nous étions assis chacun sur un coussin (nous 2, la guide et notre chauffeur) plus le conducteur de notre train. La minerve était de rigueur ! Pour relier ces 2 villages, il n’y a que 2 rails. Quand un train arrive en sens opposé, il a sorti son train de la voie (sur le bas-côté), attend que le 2ème train arrive à sa hauteur, et nous devons nous arrêter pour que les conducteurs remettent le 1er train sur la voie, et les passagers peuvent réembarquer ! Nous avons eu de la chance, car nous n’avons jamais dû attendre sur le côté comme les autres passagers ! Au retour, nous avons embarqué 2 paysannes qui revenaient du champ. C’était très folklorique et nous avons bien ri.
Arrivés au village de O’Tambang (avec notre petit train), nous avons visité une usine de briques (enfin une famille qui fabriquait des briques). Il y avait quand même 3 fours (de dimensions différentes). Si la dame a 3 ouvriers, ils fabriquent 5.000 briques/jour. S’ils sont 4, ce sera 7.000/jour. Une fois moulées, les briques (en argile) doivent sécher à l’air libre pendant 2 semaines. Puis on les met au four. Pour vous faire une petite idée, pour le four moyen, il faudra 8 hommes pendant 10 jours pour le remplir avec 80.000 briques. Elles seront cuites en 2 semaines en utilisant 10 camions (de 35 m3) d’écorces de riz comme combustible. Pour le grand four, on aura besoin de 17 camions.
Après cette journée bien remplie, nous nous sommes fait un bon petit resto à Battambang.